Économie circulaire, décarbonation, RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), CSDD (Corporate Sustainability Due Diligence), efficacité énergétique…, la Chambre des Métiers a conçu une série de formations destinées à préparer les artisans luxembourgeois aux défis futurs. Rencontre avec Rafael Raimundo, coordinateur Formation Continue, Elisa Mendes et Eva-Maria Lang, conseillères Technologies & Environnement à la Chambre des Métiers, qui ont élaboré le contenu et le catalogue des formations.

De g. à dr. : Rafael Raimundo (coordinateur Formation Continue), Eva-Maria Lang (conseillère Technologies & Environnement) et Elisa Mendes (conseillère Technologies & Environnement), Chambre des Métiers.
De g. à dr. : Rafael Raimundo (coordinateur Formation Continue), Eva-Maria Lang (conseillère Technologies & Environnement) et Elisa Mendes (conseillère Technologies & Environnement), Chambre des Métiers.

Qu'est-ce qui se cache derrière votre approche consistant à former et à préparer dès maintenant, en mettant en place un catalogue Sustainability, les entreprises artisanales, qui sont souvent de petites entreprises, donc moins concernées de prime abord par les nouvelles législations instaurant plus de transparence, de responsabilité et de durabilité ?

Même si les petites entreprises/artisans ne sont pas concernés directement dans un premier temps, leurs fournisseurs, donneurs d’ordre et/ou clients le sont ou le seront, et il est important qu’ils soient bien informés quant à l’aspect législatif de nouvelles pratiques durables et responsables qui sont/seront introduites tant par des lois nationales que par des directives européennes, ainsi que des répercussions qu’elles auront sur certains de leurs partenaires. Aussi, nous avons mis en place des formations courtes dont chaque module est conçu pour offrir des connaissances pratiques et des compétences directement applicables à l’activité de tous les jours.

Comment sont structurées vos formations Sustainability ?

Nous avons une trame qui comporte 2 branches : l’une couvre une variété de formations, d’une durée de 3 à 8 heures, sur des thèmes liés, par exemple, à l’économie circulaire et à sa mise en pratique, aux achats durables, à l’empreinte carbone, à la décarbonation, à la RSE, aux droits humains, à l’inclusion, à la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive)… qui sont directement transposables dans l’activité quotidienne des participants.

L’autre branche concerne un programme de formation continue qui cible plus particulièrement les bâtiments durables et à haute performance énergétique. Au terme de l’une des formations de base, l’une dure, en fonction des modules choisis, entre 3 et 5 jours (Artisan maison passive), l’autre 2,5 jours (Artisan rénovation énergétique), les participants doivent réussir l’examen final respectif. Pour justifier de la qualification, la Chambre des Métiers leur décerne ensuite le label Nohalteg an d’Zukunft+. Pour les artisans et entreprises, ce label est non seulement une preuve de qualification spécifique en matière de construction de maisons passives, mais aussi un gage de qualité pour les clients, de même que de compétence et confiance vis-à-vis de tous les acteurs de la construction. Par la suite, les entreprises ont un vaste choix de formations complémentaires sur différents thèmes de la construction durable qui leur permettent de se perfectionner et également de prolonger leur label, qui est valable 5 ans.

Ces formations jouissent d’un avantage considérable…

En effet, ces formations sont subsidiées dans le cadre du projet européen Fonds pour une Transition Juste, en partenariat avec le ministère du Travail, pour une période de 2 ans, de juillet 2024 à juin 2026. Ces formations sont donc gratuites et chaque entreprise établie au Luxembourg bénéficie en plus d’une prime Compétence Climat d’un montant de 135 EUR par participant pour chaque tranche de 8 h de formation. Pour toute formation d’une durée inférieure ou supérieure, la prime est proratisée. Cela représente donc pour les artisans et entreprises un gain financier appréciable, notamment pour ce qui concerne le label Nohalteg an d’Zukunft+.

Hormis l’aspect financier de ces formations, les thèmes abordés étant directement liés aux défis environnementaux et sociétaux des prochaines années, ceux-ci permettent aux entreprises et artisans qui se forment de réfléchir à de meilleures pratiques, de les anticiper, voire de les mettre en place, en tout cas de monter en compétences, ce qui est un atout considérable en matière de compétitivité. Nous invitons donc tous les acteurs de l’artisanat à saisir l’opportunité de se former qui leur est proposée dans le cadre de ce projet européen.

Propos recueillis par Isabelle Couset